Menu

Nos micro expériences sur le village de Cordon, tout au long de l'été

"Nelly vous emmène prendre une respiration à Cordon. De rencontres en excursion, découvrez une montagne confidentielle mais bien vivante et accueillante  ….. »  
A Cordon, il n’y a pas qu’une seule façon d’aimer la montagne.

Vol en parapente à Cordon : la montagne en apesanteur

Découvrez une expérience unique pour les passionnés de montagne
J’ai exploré Cordon à pied, en raquettes à neige et à vélo. En été comme en hiver, j’ai parcouru le village, arpenté les forêts, traversé les alpages et gravi les sommets. Il reste pourtant une voie, unique entre toutes, que je n’ai pas encore expérimentée. Celle des airs ! C’est précisément ce que Paul Filippi, moniteur indépendant de parapente, me propose de vivre ce matin. Ce passager du vent compte plus de 1 000 sorties à son actif, dont un survol du Mont-Blanc en 2019, à près de 5 000 m d’altitude. Je ne pouvais espérer meilleur pilote pour mon baptême de l’air !

Changement de perspective

Idéal pour les départs matinaux et les vols longue distance, Cordon offre un territoire de pratique sublime, et peu fréquenté. D’ailleurs, tous les adeptes du vol libre vous le diront : Cordon compte parmi les plus beaux décollages de France. Je ne saurais les contredire : là-haut, du Plateau des Bénés où je m’apprête à vivre mon premier ballet aérien, je m’enivre du paysage. Dans mon dos, les prodigieux contreforts des Aravis. Au loin, les irréductibles aiguilles de la chaîne du Mont-Blanc. Entre les deux, une succession de prairies d’alpage, de falaises altières et de forêts d’épicéas. Et en contrebas, les chalets et fermes centenaires de Cordon, rassemblés autour de leur pittoresque clocher à bulbe. Paul m’équipe et je sens poindre l’adrénaline. Vais-je réussir à m’élancer ? Aurai-je le vertige ? Que ressentirai-je lors de mon évasion céleste ? Si le parapente est une grande aventure,  il est aussi un jeu de patience : le ciel, encore bleu quelques instants auparavant, s’est subitement voilé d’un drapé blanc. Pour l’heure, Paul interroge la météo, très changeante en montagne. Comme pour combler notre attente, un vautour fauve plane au-dessus de nos têtes et nous gratifie de son vol majestueux. Il me sera bientôt donné de contempler Cordon de son point de vue.

Vol panoramique en duo : Cordon vu d’en haut

C’est alors que Paul donne le signal. Il accroche ma sellette à la voile et resserre mon casque. Il me demande de fixer le regard sur la ligne d’horizon et de m’élancer en avant. Très vite, la pente se dérobe sous nos pas, le vent s’engouffre dans les suspentes et nous soulève. Les premières sensations sont intenses. Libres de tout fardeau terrestre, nous entrons dans une réalité plus vaste et entamons une danse silencieuse avec les éléments. Les courants d’air qui balayent nos visages sont nos meilleurs alliés. Entre sidération et émerveillement devant le panorama qui tournoie, je suis étourdie de sensations nouvelles. Nous survolons les étendues vertes des conifères que ponctuent çà et là quelques alpages. Au loin, la cascade des Fours. Tout autour de nous, la citadelle des montagnes. Et sous nos pieds, le tableau vivant de Cordon. Quinze minute plus tard et 1 000 mètres d’altitude plus bas, atterrissage parfaitement contrôlé à quelques pas du village, sous les regards amusés des passants. Dans un dernier sursaut, une bouffée d’air tire notre voile en arrière et nous affale dans l’herbe. Et tandis que je ris de l’espièglerie du vent, je savoure la double satisfaction d’ancrer à nouveau mes pieds au sol alors même que ma tête est encore au grand spectacle, tout là-haut.

Ma petite info en +

Cette année, le plus jeune passager de Paul avait 3 ans, et le plus âgé 75 ! En dehors des restrictions liées au poids, le parapente est une pratique accessible à tous, entre mai et octobre. Mais à Cordon, il est possible de jouer les prolongations grâce au parapente à ski, combinaison gagnante du vol et de la glisse. En plus du merveilleux Plateau des Bénés, deux autres sites de décollage sont à votre portée à Cordon : 

  • La Tête du Planet, idéal l’hiver pour décoller skis aux pieds et atterrir directement sur les pistes ;
  • Croisse Baulet, pour décoller du plus haut sommet de Cordon à 2236 m d’altitude.

Et si le baptême vous a mis en appétit, sachez que Paul organise des stages d’initiation au sein de son école Airmania à Cordon 
Informations et réservations auprès de Paul

Cordon en E-bike : décupler les plaisirs de la montagne

Découvrez une expérience unique pour les passionnés de montagne à vélo !

Imaginez-vous rouler confortablement parmi les forêts et les prairies d’alpage, le Mont-Blanc en toile de fond. De pistes forestières en sentiers alpins, vous franchissez les obstacles avec confiance. Les montées se succèdent sans peine et les descentes se font ludiques. Pour l’avoir testé à Cordon, le VTT à assistance électrique tient toutes ses promesses. L’expérience m’a démontré que je pouvais à la fois élargir mon champ d’exploration et aborder sereinement les terrains de montagne. Il ne s’agit pas de concurrencer les vélos musculaires en prétendant faire le même parcours plus vite. Il s’agit plutôt de couvrir davantage de distance et de s’offrir une plus grande diversité de paysages. En quelques heures à peine, j’aurai ainsi parcouru tous les étages de Cordon, du vieux village au sommet du domaine skiable. Si l’effort est régulier et modéré, attendez-vous tout de même à pédaler : le VTTAE en montagne, ça reste du sport !

Nature et culture

Au départ de l’Office de Tourisme, le parcours s’éloigne progressivement du village et prend de l’altitude. En chemin, quelques oratoires et croix de mission attirent mon regard. Patrick, mon guide et moniteur VTT, me rappelle que nous roulons sur les traces des colporteurs de Savoie : ces marchands ambulants, pendant des siècles, partaient faire commerce à l’étranger pour tenter d’améliorer leur quotidien. Certains parvenaient à faire fortune. Profondément attachés à leur terre d’origine et soucieux d’invoquer la protection divine, ils consacraient une partie de leur richesse à l’embellissement de leur village et à la construction d’édifices religieux. Avec les explications de mon guide, j’accède désormais à une lecture passionnante du paysage ! Un peu plus loin, nous quittons la route et empruntons une agréable piste forestière. Jusqu’alors, mon regard portait au choix sur les sommets des Aravis ou la spectaculaire chaîne du Mont-Blanc. Sous le couvert des épicéas, les montagnes s’éclipsent un très court moment. En cette journée d’été, l’ombre des grands arbres et le torrent tout proche nous procurent une fraîcheur bienvenue. Le temps de traverser quelques passerelles et de grimper à travers les prairies, nous retrouvons déjà le panorama hypnotique qui fait l’attractivité de Cordon. Une récré contemplative devant les cimes et c’est parti pour la descente : en roue libre jusqu’au village, nous laissons le dénivelé s’effacer !

Le VTT à assistance électrique : mon nouveau compagnon de montagne

En copains ou en famille, le e-bike offre l’opportunité de faire du sport sans se faire mal, de se déplacer rapidement et de rendre la montagne accessible. L’assistance électrique apporte du fun à la pratique du vélo. Avec l’accompagnement de Patrick, la sortie adopte une très agréable dimension pédagogique et initiatique. Et côté paysages, Cordon multiplie les tableaux. S’étageant de 900  à 2 500 m d’altitude, le territoire joue la diversité des ambiances entre champs, forêts, alpages et pelouses alpines. Le tout sous le regard immuable de la Pointe Percée, des Aiguilles de Warens ou encore du Mont-Blanc. Juste grandiose !

Ma petite info en +

Cordon Tourisme propose à la location 11 vélos tout terrain à assistance électrique. Plusieurs modèles sont disponibles, à partir de 1m30. Les réservations s’effectuent à la journée ou à la demi-journée. Des bornes de recharge sont également accessibles sur la place du Mont-Blanc.

Article rédigé par Nelly Orand - ©ScrivaCom

Infos pratiques : activité proposée en été, une fois par semaine, pour les initiés ou les débutants
Informations et réservations auprès de Cordon Tourisme au 04 50 58 01 57.

Mon premier sommet

 

Opération séduction dans l'église de Cordon

Au cœur de l'église baroque Notre Dame de l’Assomption, classée Monument Historique, l'architecture complexe de cet édifice emblématique, orné d'une façade colorée, dévoile les secrets de l'art baroque alpin.

Ça ne vous a sûrement pas échappé : l’art baroque s’invite partout en Savoie, et en particulier au pays du Mont-Blanc. Une kyrielle de clochers, chapelles et églises témoignent de cet art populaire typique du 17e  et 18e siècles, exubérant par ses couleurs et ses décors. En effet, nul besoin d’être un spécialiste de l’art liturgique pour comprendre où le Baroque veut en venir : c’est un art théâtral qui sollicite les sens et cherche à charmer le fidèle, pour réveiller sa foi et lui faire entrevoir la grandeur du monde céleste. Quel programme ! Et je le confesse : je n’ai pas pu résister à la tentation de franchir les portes de Notre-Dame-de-l’Assomption, à Cordon. Pourtant, il faut bien le dire, je ne suis pas particulièrement attirée par l’architecture religieuse. Mais je suis curieuse et j’aime les bonnes histoires. Et si l’église de Cordon, avec son adorable clocher à bulbe, fait tout son possible pour provoquer l’intérêt du passant, c’est qu’elle a sûrement beaucoup à raconter !

« Le baroque pour les nuls »

C’est ainsi que Claire, Guide du Patrimoine Savoie Mont-Blanc, a baptisé sa visite. L’intitulé a le mérite de m’enlever mes derniers complexes : j’ai bien un livre d’Histoire de l’Art à la maison, mais je n’ai pas eu le temps de le réviser avant de venir. Pas de problème : Claire me met tout de suite à l’aise. Dans son sac à malices, elle a glissé de quoi organiser une véritable chasse au trésor. Dès le parvis, je dois faire appel à mon sens de l’observation et de l’imagination pour apprivoiser l’Art baroque et répondre aux questions. Lancée dans une sorte de jeu de piste, je suis invitée à examiner la façade dans ses moindre recoins, et même à dessiner le clocher ! Plus tard, à l’intérieur de l’église, je rassemble les indices pour résoudre une charade historique. L’expérience est pédagogique et dynamique. L’approche par le jeu me rend active de la découverte.

Une église inscrite parmi les Monuments Historiques… et pour cause !

Les secrets de l’église de Cordon me sont dévoilés avec entrain et facilité. Et si je ne compte pas tout vous répéter, je veux bien partager avec vous mes plus grandes révélations :

  • Colorée et joyeuse, la façade de Notre-Dame-de-l’Assomption cherche à surprendre le visiteur par ses décors peints en trompe-l’œil. Dans les angles de l’édifice, des tirants en forme de chiffres nous révèlent la date de construction ! Il suffit de les assembler dans l’ordre…
  • À l’intérieur, les sculptures et fresques peintes a fresco rivalisent de drapés, de lumières, de dorures et de mouvements : c’est l’expression glorieuse et spectaculaire du Paradis selon l’Art baroque. De quoi toucher le cœur des fidèles et raffermir la ferveur des hérétiques !
  • Rien de l’extérieur ne laisse présager sa présence. Pourtant, une majestueuse coupole intégrée à la toiture de la nef offre un ciel divin à l’église.
  • L’église aurait pu se contenter de son monumental maître-autel qui, à lui seul, traduit la grande piété et fierté des Cordonnants. Mais c’est sans compter 5 autres retables richement sculptés, qui complètent brillamment l’ensemble.

Ma petite info en +

La visite de l’église de Cordon s’inscrit dans un projet culturel plus vaste, porté par le réseau Escapades Baroques dans les Alpes : www.escapades-baroques.fr

À noter également : Cordon est à l’initiative du Festival Baroque du Pays du Mont-Blanc qui, depuis 1997, nous donne le privilège d’assister à des concerts de musique baroque dans des sites exceptionnels. En effet, chaque été pendant 10 jours, des ensembles musicaux de renommée internationale sont invités à se produire dans les plus beaux monuments d’art baroque du territoire, dont la ravissante église Notre-Dame-de-l’Assomption. Informations : www.festivalmontblanc.fr

Article rédigé par Nelly Orand - ©ScrivaCom

Infos pratique : visite possible tout au long de l’année et sur demande
Claire Tronchet, Guide du Patrimoine Savoie Mont-Blanc Tél. : 06 67 02 14 71

 

Déambulation historique dans Cordon

Explorez l'histoire captivante de Cordon lors d'une déambulation historique unique. Laissez-vous guider à travers notre charmant village, découvrant des curiosités fascinantes avec les explications historiques de Roselyne, guide du patrimoine.

Le village vous transporte au 18ème siècle, avec des centaines de maisons remarquablement préservées. Ne manquez pas les 754 contrefiches gravées sur les façades. Chaque maison raconte une histoire, faisant du patrimoine de Cordon une véritable fenêtre sur le passé.

Roselyne vous guide à travers les traditions et les modes de vie offrant une expérience immersive qui révèle la profondeur culturelle de ce village. Découvrez un Cordon authentique. Rejoignez-nous pour une exploration riche en histoire et en patrimoine.

Posé sur un coteau ensoleillé face au Mont-Blanc, le village de Cordon se découvre au terme d’une route un peu farouche, tout en lacets. Si proche des emblématiques stations de Megève et Chamonix, Cordon semble vouloir se dérober aux yeux du visiteur pressé et préserver pudiquement ses atouts. Il faut dire qu’ils sont nombreux : un panorama incomparable sur le Mont-Blanc, un environnement paisible mais surtout un caractère historique qui fait l’âme du village. L’attrait pour le ski et les loisirs de montagne s’exerce ici comme partout ailleurs en Pays du Mont-Blanc. Mais Cordon, ce n’est pas seulement cela. L’économie agropastorale y est dynamique. Le commerce et l’artisanat y sont bien vivants, tout comme l’esprit communautaire qui anime le village. Pour qui sait prendre son temps et se montrer curieux, les témoignages de l’Histoire sont ici partout : dans la lecture du paysage, dans le patrimoine bâti et dans les savoir-faire qui perdurent. Pour tout m’expliquer, je retrouve Roselyne, résidente de Cordon depuis 40 ans et guide du patrimoine Savoie Mont-Blanc.

Sur les traces des tailleurs de pierre

C’est un bond de 30 000 ans en arrière que Roselyne me propose de faire au début de notre déambulation dans le village. Nous voici rendues en pleine glaciation, lorsque les glaciers déposent d’énormes blocs de granite à Cordon et partout dans la vallée de l’Arve. À l’état brut, ces blocs granitiques de plusieurs tonnes ont presque tous disparu de nos jours. Roselyne m’apprend qu’ils ont été intensément exploités et transformés au milieu du 19e siècle, par des tailleurs de pierre originaires du Piémont. Appelés à la rescousse par le roi Charles-Albert, ces « graniteurs du Mont-Blanc » avaient reçu pour mission de reconstruire les villes de Sallanches et de Cluses dévastées par un incendie. À l’époque, leur habileté est réputée par-delà les Alpes et ne se cantonne pas à la reconstruction : ces remarquables tailleurs ont aussi façonné des bassins, pressoirs, oratoires, pierres tombales, croix de chemin et linteaux. Aujourd’hui encore, leur souvenir est partout dans les rues et sur les façades des maisons de Cordon.

Les maisons traditionnelles : témoins de la vie d’antan

C’est justement auprès des maisons les plus anciennes du village que Roselyne me conduit à présent. Une centaine d’habitations datant du 18e siècle ont été répertoriées à Cordon. La doyenne date tout de même de 1696 ! Roselyne me fait observer que ces maisons traditionnelles sont toujours rassemblées près des sources et des fours à pain. De même, elles ne se déparent jamais de leur grenier. En cas d’incendie, ces petits mazots protègent les biens les plus précieux de la famille : les denrées alimentaires, mais aussi le linge du dimanche et les actes de propriété. Grâce aux explications de Roselyne, je comprends que l’agencement des maisons n’est pas anodin. Il révèle la pénible lutte des montagnards pour la survie :

  • Des charpentes solides capables de résister à 7 mois d’hiver,
  • L’étable dans les soubassements pour nourrir le bétail sans avoir besoin de sortir,
  • La cheminée appelée « boerne » pour déshydrater et conserver la viande de porc,
  • Ou encore le balcon sur la façade Est, pour faire sécher les feuilles de hêtre destinées à la litière des animaux.

De récits en discussions, l’après-midi passe à toute allure. Mon guide Roselyne aime son village et cela se ressent. Elle sait restituer, non sans une certaine émotion, toute la ténacité dont les Cordonnants ont dû faire preuve au fil des siècles pour déjouer les embûches d’un climat extrême et d’une montagne hostile. C’était avant l’essor du tourisme et les années glorieuses du ski. C’était il n’y a pas si longtemps, finalement. Et cette Histoire-là est encore bien vivante à Cordon.

Ma petite info en +

Au cours de la découverte des maisons traditionnelles de Cordon, Roselyne ne manquera pas d’attirer votre attention sur les larges avancées de toit. En dessous, des éléments obliques appelés « contrefriches » présentent d’étranges gravures. Dans un français approximatif, on y lit le plus souvent le nom du charpentier ou du propriétaire, la date de construction et quelques maximes religieuses vouées à protéger la maison et ses habitants. Ces contrefriches gravées constituent un élément unique du patrimoine local : à Cordon, on en dénombre pas moins de 754 !

Article rédigé par Nelly Orand - ©ScrivaCom

Informations pratiques :
Visite en saison, une fois par semaine avec Roselyne, "Histoire du village et de l'église, ses anecdotes"
Differentes visites sur demande Roselyne Blondet, Guide du Patrimoine Savoie Mont-Blanc Tél. : 06 77 86 69 55

 

Fabrication du fromage et visite à la ferme de l'Abérieux avec Albert

Découvrez une expérience immersive de visite et de fabrication de fromages à la Ferme de l'Abérieux, un trésor caché que tous connaissent bien. Albert, l'exploitant agricole passionné, dirige une ferme familiale avec fierté, abritant 25 vaches laitières de la race tarentaise.

Au cœur de cette ferme authentique, la fabrication artisanale du bleu, de la tome, et de la raclette de Savoie en IGP perpétuent les traditions. Laissez-vous guider à travers les différentes étapes de la fabrication des fromages. Une expérience enrichissante où la passion pour la qualité se mêle à l'histoire de la ferme.

Nelly :
J’ai rendez-vous ce matin sur les hauteurs de Cordon, à la Ferme de l’Abérieux. À l’écart du village, elle émerge d’entre les épicéas, au bout d’une piste forestière sans issue. Au-delà, ce sont les sentiers de randonnée qui prennent le relais, promesses de panoramas fabuleux sur les sommets des Aravis et la chaîne du Mont-Blanc. En vieux français, l’Abérieux signifie « l’abreuvoir », référence évidente à l’activité pastorale qui occupe ces montagnes depuis de multiples générations. Albert, l’exploitant agricole avec qui j’ai rendez-vous, en est l’exemple : il a repris l’activité à la suite de ses parents qui, eux-mêmes, la tenaient de leurs aïeux. Il suffit d’engager la conversation avec Albert pour comprendre que son choix n’a pas été guidé par un devoir de continuité. Ce qui motive cet agriculteur de montagne, c’est une passion franche pour son métier et l’envie d’en partager la réalité avec les visiteurs.

La découverte d’un savoir-faire, mais aussi d’une personnalité

Que l’on soit randonneur de passage ou famille en vacances, il est possible de franchir les portes de l’étable, d’assister à la traite et d’apprendre la fabrication du fromage. Albert n’économise ni son énergie ni ses explications. C’est aussi pour sa personnalité entière et loquace que l’on apprécie de venir à la Ferme de l’Abérieux. La visite est instructive pour les curieux tels que moi. Elle est synonyme de transparence pour Albert qui souhaite faire la démonstration de procédés artisanaux et de produits de qualité IGP. Je suis arrivée tôt : je surprends Albert en train de nettoyer les litières puis de nourrir son troupeau de 25 vaches de race tarentaise. Je lui emboîte discrètement le pas, du grenier où il va chercher le foin jusqu’à l’étable où il finit de remplir les râteliers. Au passage, je fais la connaissance de sa souriante apprentie Noémie. Cette jeune-femme déterminée a délaissé une carrière dans le marketing pour s’orienter dans l’agriculture. Je comprends que la Ferme de l’Abérieux est aussi un lieu de transmission où se forgent de nouvelles vocations.

Du lait, du travail et du temps

Quelques instants plus tard, je retrouve Albert au laboratoire, devant la cuve à fromage. Dans cette dernière,  le lait frais du matin a reçu la présure. En quelques heures, le lait a caillé : il présente dorénavant une texture gélatineuse qu’Albert s’apprête à découper en petits grains. Par étapes successives, Albert s’occupera plus tard de brasser le contenu de la cuve et de pomper le petit-lait. En dernier lieu, les fromages seront moulés, égouttés et salés, avant de rejoindre la cave d’affinage où ils resteront plusieurs semaines. C’est dans cet environnement frais et humide qu’ils développeront de précieuses moisissures, prendront leur texture définitive et sublimeront leurs saveurs. La fameuse tomme de Savoie, par exemple, a la particularité de se recouvrir d’une flore grise que l’on désigne sous le terme de mucor ou « poils de chat » ! Cette croûte typique lui donne sa particularité gustative : les tommes fabriquées par Albert sont notamment connues pour leur goût de noisette et de sous-bois !

Ma petite info en plus

La Ferme de l’Abérieux fabrique les emblématiques tommes et raclettes de Savoie, mais aussi du bleu. Les fromages sont vendus sur place dans la boutique de la ferme, ainsi que dans les coopératives des alentours.

Article rédigé par Nelly Orand - ©ScrivaCom

Infos pratique : activité toute l’année
fabrication de fromage sur réservation, auprès d’Albert Bottollier, tél. : 06 76 12 41 67
traite des vaches en accès libre

Ferme de l’Abérieux, 490 chemin du Pont de la Fley à Cordon.

 

Haut
de page
Outils d'accessibilité